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Le Blog

13
Sep
Pirate world

Le management hacking, c’est quoi ?

Pirate world

Dans un précédent article, j’ai tenté d’apporter un éclairage sur ce que j’entends par management et leadership :

  • Le management est une technologie sociale qui permet à une organisation d’atteindre ses objectifs.
  • Le leadership est dynamique et caractérise la création d’un possible désirable par d’autres.

J’aimerais dans ce nouvel article aborder un thème que je travaille depuis quelques temps : le management hacking.

Inscrire le management hacking dans le prolongement de l’éthique des hackers

J’utilise le terme « hacking » en référence aux hackers qui ont construit les logiciels libres, les ordinateurs personnels, et Internet. Ceux que l’ouvrage culte de Steven Levy a étudié comme une tribu étrange qui a révolutionné notre monde. Cette référence est là pour inscrire le management hacking dans le prolongement de l’éthique des hackers décrite par Steven Levy :

  • Toute information est par nature libre.
  • Être anti-autoritariste.
  • Les hackers peuvent se juger par leurs prouesses, non par d’autres hiérarchies sociales.
  • Art et beauté peuvent être créés avec un ordinateur.
  • Les ordinateurs peuvent changer et améliorer la vie.

Associer l’anti-autoritarisme au management pourrait sembler étrange à certains lecteurs. C’est probablement que nous ne parlons pas de la même chose : je dissocie le manager, la personne en charge d’une branche d’un organigramme, du management, la technologie sociale permettant à l’organisation d’atteindre ses objectifs.

Quid du pirate ?

Il m’est aussi arrivé d’utiliser le terme « pirate », notamment lors de mon talk à LKFR12, très bien résumé par Sébatien Ménétrier sur le blog de So@t. Est-ce que pirate et hacker sont identiques ? Quels sont les définitions ?

Les pirates ont été des bandits pillants des bateaux en haute mer. L’étymologie du terme permet d’élargir son sens, il provient à la fois du verbe grec peiraô signifiant « s’efforcer de », « essayer de », « tenter sa chance à l’aventure », et du latin pirata, celui « qui tente la fortune », « qui est entreprenant ». En 1996, la RFC 1983 définit un hacker comme  « une personne qui se délecte de la compréhension approfondie du fonctionnement interne d’un système, en particulier des ordinateurs et réseaux informatiques ».

Je viens de finir de lire L’organisation Pirate de R. Durand et JP Vergne qui apporte un éclairage très utile sur ce qu’est la piraterie. Leur proposition est que l’organisation Pirate joue le rôle d’un moteur évolutionniste pour le capitalisme en expansion sur de nouveaux territoires (au passage, le capitalisme y est pour une fois clairement définit, fait suffisamment rare pour le remarquer, probablement un prochain article à ce sujet). Les pirates des mers au XVIIème siècle refusaient la souveraineté des états sur les hautes mers, les traités internationaux leurs donnent finalement raison, puisqu’aujourd’hui la haute mer constitue un bien commun à l’humanité et toute revendication de souveraineté par un état est illégitime. Les radios pirates ont émis sans autorisation sur le territoire des ondes radios refusant le contrôle étatique. Aujourd’hui les organisations pirates informatiques, comme Anonymous, refusent le contrôle étatique sur le cyberespace et revendiquent la neutralité d’Internet, le considérant comme un bien commun.

Hacker et Pirate du cyberespace ne sont pas identiques, mais dans les faits, sont souvent les mêmes personnes. Est hacker celui qui adhère à l’éthique hacker (voir ci-dessus) et adopte un comportement qu’un autre hacker jugera juste. Est pirate celui qui rejoint une organisation Pirate et se bat pour la neutralité d’Internet.

S’inspirer du management des organisations Pirates

Les organisations Pirates sont par nature bien mieux adaptée au milieu sur lequel elles opèrent que les organisations officielles, reconnues par les autorités étatiques. En effet, elles se sont constituées directement sur le milieu en question, affranchies des règles et des normes qui prévalent sur le territoire étatique. Si la thèse de R. Durand et JP Vergne est juste, les organisations traditionnelles ont tout intérêt à s’inspirer des organisations Pirates, qui représentent l’avant-garde des organisations de demain.

À l’heure des « programmes digitaux », de l’intrusion des réseaux sociaux, ou du développement d’un business dématérialisé, il semble pertinent d’étudier le fonctionnement des organisations Pirate, et plus particulièrement leur système de management en tant que technologie sociale leur permettant d’atteindre leurs objectifs.

Le management hacking c’est être à l’avant-garde des technologies sociales

Le management hacking est l’art de s’inspirer du management des organisations Pirates modernes pour le distiller au sein des organisations traditionnelles. Le management hacking est utile aux organisations traditionnelles pour leur permettre d’être à la pointe de l’évolution du capitalisme et pleinement opérationnelles sur les nouveaux territoires (les hautes mers, puis les ondes radios, aujourd’hui Internet, bientôt l’ADN et l’espace). L’éthique hacker permet à un niveau plus personnel de trouver le comportement juste et adapté aux nouveaux territoires.

Il reste à identifier des chemins pour pratiquer le management hacking : à la fois identifier des directions à explorer, mais aussi des façons de distiller ce nouveau management au sein des organisations. C’est notamment l’objet de la série de conférences que je m’apprête à donner à LKFR13, à LKUK13 et à LKNA14. À suivre !…

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